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Volontaire Officier Aspirant

Devenir officier volontaire dans la Marine nationale a en quelque sorte été pour moi un hasard "pas si surprenant".

A l’issue de mes quatre premières années d’étude à sciences-po’ Toulouse, dont une passée en échange universitaire à Singapour, le choix de mon master II restait difficile à faire. D’autant plus que cette cinquième et dernière année allait conditionner la spécialisation que je comptais donner à ma formation universitaire. J’ai donc décidé d’opter pour une année de césure, si possible à l’étranger, afin de me laisser le temps d’affiner mon projet professionnel. Alors que je cherchais un stage en relations internationales en Asie, j’ai découvert par hasard cette offre de volontariat au sein de la Marine qui proposait d’occuper le poste de chargé de communication à la base navale de Papeete comme "volontaire officier aspirant" (VOA). Hasard de la trouvaille donc...

Le poste proposé n’était pas forcément dans la ligne directe de la spécialisation que je souhaitais acquérir (je n’avais fais de la communication que lors de mon séjour à Singapour, orientée essentiellement "web design" à la Nanyang Technological University of Singapore), mais l’expérience proposée était originale et particulièrement intéressante : le grade d’officier aspirant, des responsabilités et un domaine d’action propres (la communication et les relations publiques), un poste outre-mer pour un an, l’opportunité de découvrir le monde militaire, une bonne rémunération... Autant d’attraits qui ont fait que je n’ai pas hésité longtemps à envoyer ma candidature. Et puis l’idée d’intégrer la Marine nationale pour un an avait quelque chose de particulèrement excitant : avant même d’intégrer l’école navale à Brest pour les trois semaines de la formation initale, avant même les entretiens de sélection, vous savez déjà que si vous avez la chance d’être la personne sélectionnée pour la poste, votre vie va forcément être durablement imprégnée de cette expérience. Et comme en plus je fais partie de ces jeunes déçus de ne pas avoir dû effectuer leur service militaire, l’option du volontariat était la meilleure façon de combler ce manque, même s’il est vrai qu’être "volontaire" aujourd’hui est très certainement beaucoup plus facile que d’avoir été "appelé" hier, c’est-à-dire quand le service national existait encore. J’ai enfin toujours été intéressé et même passionné par l’armée en général. L’intérêt du gamin jouant à la guerre avec ses copains dans la cour de récré’ s’est peu à peu transformé au fil des ans en une passion pour l’histoire militaire. Et depuis le lycée, jamais je n’ai écarté la possibilité de m’engager dans l’armée à l’issue de mes études, sans pour autant entreprendre des démarches concrètes en ce sens. Un hasard donc, mais "pas si surprenant"...

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Formation initiale - Officier à l’école navale

Après les différentes modalités de sélection du candidat retenu pour occuper le poste de VOA (entretiens de motivation, visite médicale...), j’ai donc intégré l’école navale de Brest pour trois semaines, afin d’y recevoir la formation initiale d’officier. Trois semaines durant lesquelles vous intégrez une escouade composée comme vous de futurs volontaires afin de découvrir la Marine nationale et vous familiariser avec ses usages et ses coutumes. Trois semaines pour faire de vous un militaire comme les autres (ordre serré, entraînement sportif, tir), un marin (formation maritime, découverte du milieu marin), et un officier (formation au commandement, aux grandes questions liées à la Défense nationale). Trois semaines intenses dont je garde un souvenir mémorable. Trois semaines trop courtes ! Et cette impression étrange quand vous quittez l’école navale : certes votre formation a été courte, rapide, mais vous êtes désormais un marin parmi d’autres, pour un an ou plus (le VOA est un contrat d’un an renouvelable quatre fois, proposés aux jeunes ayant une formation allant de bac+3 à bac+5, que ce soit pour un poste à terre ou bien embarqué, dans le domaine de la communication, de la navigation, des ressources humaines...), et jamais, en cas d’erreur, vous ne pourrez recourir à l’excuse facile consistant à revendiquer votre statut de "simple volontaire". Vous voici alors embarqué pour une expérience professionnelle et humaine qui vous a d’ores et déjà marqué !

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Escale de l’USS PREBLE à Papeete

Après quelques jours pour préparer mes valises, j’ai donc pris l’avion en direction de Tahiti, Polynésie française, et gagné la base navale de Papeete. J’y suis devenu l’officier en charge des relations publiques, chargé de la communication (ORP). Mais aussi l’adjoint du conseiller pour l’action de l’Etat en mer (AEM) auprès du commandant de la zone maritime de Polynésie française. Et enfin adjoint-officier langues. Beaucoup de missions donc pour un poste très polyvalent, qui demande de la disponibilité et de l’adaptation. Un poste riche en expériences, qui vous fait toucher à tout, rencontrer beaucoup de personnes, tant dans le milieu de la Marine nationale, que dans les forces armées en général, et dans le civil. Ma fonction d’ORP de la base navale consiste à communiquer en interne (articles pour les différentes publications de la Marine et des forces armées) comme en externe (dossiers et communiqués de presse, organisation de conférences de presse) sur l’activité de la Marine en Polynésie française, de participer à l’organisation d’événements de relations publiques comme les escales de bâtiments étrangers, les visites de civils (associations, écoles...), les journées portes ouvertes, les différents stands de présentation de la Marine... Cette fonction m’a également permis d’apporter mon concours pour l’aspect communication lors d’événements particuliers : exercice interarmées interalliés, exercice anticyclonique, régate de voiliers à laquelle participaient des équipages militaires... Autant d’opportunités à saisir pour enrichir toujours plus cette expérience unique. Ma fonction d’adjoint au conseiller pour l’AEM m’a permis de découvrir les relations qu’entretiennent l’Etat et le Pays (la Polynésie française est un Pays d’Outre Mer - POM) en ce qui concerne la mer et surtout la sécurité et le sauvetage en mer. J’ai ainsi eu l’occasion de participer au montage d’opérations liées à ce domaine et faisant intervenir différents services de l’Etat et du territoire, dont la Marine nationale. Ma charge d’adjoint-officier langues consistait à organiser des cours d’anglais de préparation au passage du TOEIC pour le personnel volontaire. Enfin, l’opportunité m’a été donnée d’être mis pour emploi sur un patrouilleur au cours d’une tournée administrative de deux semaines dans l’archipel des Australes.

Maintenant que mon expérience comme officier volontaire dans la Marine touche à sa fin, mon projet professionnel s’est très sensiblement affiné : à mon retour, je finirai mes études en consacrant ma cinquième et dernière année à une spécialisation dans le domaine de la Défense et de la sécurité internationale pour peut-être continuer mon expérience dans les armées. Engagement, contrat court, contrat long, industrie de la Défense... Les possibilités sont nombreuses. Dans tous les cas, avoir été VOA implique que vous devenez réserviste de la Marine à l’issue, pour une période de cinq ans. J’ai pour ma part fait le choix d’activer cette période de réserve, c’est-à-dire que je consacrerai quelques jours par an à la Marine, pour des missions spécifiques. Une expérience ouverte à tous donc, que l’ont soit intéressé par une carrière dans la Marine ou les armées (le volontariat fait alors office d’avant-goût et peut aider à s’assurer que ce type d’engagement est personnellement sérieusement envisageable), ou tout simplement par une expérience enrichissante dans un cadre hors-normes.

Aspirant Alexandre Besson

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